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jeudi 28 avril 2011

Bilan de compétences

Il semblerait que mon sport favori en ce moment (après le jogging mental, qui est en tout point similaire au jogging normal sauf que je le fais dans ma tête, vautrée sur mon canapé en me baffrant d'oreo cookies) soit de critiquer ma vie professionnelle.

Or, c'est bien beau de cracher sur son job, de hurler aux corneilles que vraiment ce boulot c'est la barbe du père Fouras, et que cet emploi te va aussi bien que le micro short et les résilles rouges vont bien au livreur de pizza. 

Tout ça c'est bien beau, mais si t'aimes pas ton travail, c'est quoi que tu aimerais faire pour gagner ta croûte?

(au pire je pourrais toujours essayer d'aller bosser chez Dupuis)


C'est pour répondre à cette épineuse question que j'ai décidé de lancer mon bilan de compétences. 

Il parait que "le bilan de compétences a pour objectif de permettre à des travailleurs d'analyser leurs compétences professionnelles et personnelles ainsi que leurs aptitudes et leurs motivations afin de définir un projet professionnel et, le cas échéant, un projet de formation". C'est juste pile poil ce qu'il me faut. 

Commençons par mes incompétences, puisqu'il faut bien commencer quelque part et que des incompétences, j'en ai à revendre:

- J'ai peur des chiffres. 

Genre une phobie. Mais justifiée. Je pense que les chiffres sont une invention démoniaque crée uniquement pour me donner des angoisses, des palpitations, des nausées, des pertes de connaissance, des crises de démence, des éruptions cutanées, la perte de mes cheveux, des sueurs froides, des paralysies faciales, des accès de bégaiement, voire la liquéfaction de mon bulbe rachidien. 
Qu'on me donne une calculatrice en parfait état de fonctionnement et une série de chiffres à additionner. Douze fois je ferai le calcul, j'aurais douze résultats différents. Dont au moins deux négatifs. 




Rajoutons des soustractions, des multiplications et des pourcentages et sortons les chapeaux pointus, les cotillons et la camisole.

Et là ou ça devient vraiment drôle, c'est quand je dois essayer de COMPRENDRE et ANALYSER les chiffres en question. A choisir, je préfère qu'on me plante des aiguilles à tricoter chauffées à blanc dans les yeux.  

- J'ai une mémoire de poisson rouge en phase d'Alzheimer avancée: sur le miroir de ma salle de bains, il y a un post it avec mon prénom marqué dessus. C'est un pense-bête. 

- J'ai une tête de linotte. Je range mes lunettes dans le frigo, la télécommande dans mon sac à main, l'agrafeuse dans ma bento-box, le dossier Dushmoll, vraiment je vois pas comment il a pu atterrir dans le placard avec les produits d'entretien, ah oui, c'est vrai, tu m'as demandé un café, c'est pour ça que je te ramène une tasse pleine d'eau de vaisselle. Et le document à ne surtout pas faire passer à la direction, je me suis personnellement chargée de le remettre à la secrétaire de BigBoss. Je voulais me faire bien voir après la bourdasse de hier, ou j'ai vendu plein de choses très chères à un client que j'ai oublié d'encaisser.

- J'ai des fers à repasser (en panne) à la place des mains. Je bourre les photocopieurs, je plante l'ordinateur, je pète la serrure de la porte d'entrée, je nique les souris, j'éclate les claviers, je renverse les corbeilles à papier, j'encrasse la machine à café, je renverse du capuccino brûlant sur les clients, je me coince les doigts dans la chaise pliante, je plante des punaises dans l'avant bras de ma collègue, je renverse le vase plein d'eau sur des documents originaux qu'on ne peut pas copier, j'éclate le tube de super glue au dessus du foulard hermès de l'autre collègue... et ainsi de suite (liste non exhaustive)

- Je suis aussi fine et vive d'esprit qu'une valise sans poignée. La fille qui balance sur la chef de service à grand renfort d'épithètes fleuris alors que cette dernière vient d'entrer dans la pièce, c'est moi. Nice to meet you. 

- Mon sens de l'organisation est à peu près aussi puissant que ma bosse pour les math est proéminente. En général, j'arrive à peut près à cerner et à commencer mes tâches de la journée au moment ou je devrais commencer à ranger mes affaires pour rentrer chez moi. Mon sens de la procrastination étant passablement aigu, je préfère passer la journée à classer les trombones par ordre de taille et à poker ma mère sur facebook plutôt que de faire ce pourquoi je suis si grassement rémunérée. Surtout si mes missions me passionnent autant que la parade nuptiale des Bernard l'Hermite. 

Passons maintenant aux compétences, puisqu'il m'en faut bien quelques unes.

- Je suis marrante. Que se soit pour ou contre mon gré, au moins, je mets la bonne ambiance dans le bureau. De deux choses l'une: soit on m'adore (ça peut arriver, certes rarement, mais quand même), et dans ce cas on rit de mes blagues, soit on me déteste (dans l'immense majorité des cas) et on rit à mes dépends. Dans tout les cas, comme il est important de rire au boulot parce que c'est quand même l'endroit ou on passe le plus clair de ses journées, m'avoir dans son équipe peut être un sacré bonus.

- Je fais la cuisine. Notamment des petits gâteaux. Je les réussis particulièrement bien quand je les confectionne pendant mes heures de travail. De toute façon, si je les fais pendant mon temps libre, je les boulotterai toute seule dans mon coin. Autant les faire au boulot. Elles ont un budget pour ça en règle générale les entreprises, non? 

- Je suis créative. Championne du monde en sculpture en trombone et patafix sur pot à crayon. ça pose son homme. 

- J'ai l'esprit d'équipe. Surtout pour jouer au babyfoot et pour organiser des apéros après le travail. 

- Je suis ponctuelle. Je pars du travail toujours à l'heure. Voire même un peu en avance. 

- Je présente bien, pour peu que mon interlocuteur soit sourd et aveugle. 

- Je sais très bien me servir d'un ordinateur. Notamment du spider solitaire, de facebook et du site de la Redoute. 

Et maintenant que nous avons bien noté que je suis le fantasme de n'importe quel recruteur, demandons nous quelles sont mes motivations.

- L'argent. Evidemment. Pourquoi travailler sinon? J'en veux des piles. Des caisses. Des montagnes. Pour pouvoir m'acheter des millions de trucs. 

- M'amuser. On va au travail quasiment tout les jours. Si c'est pour s'emmerder, autant rester à la maison. Alors dans mon travail idéal, il faut qu'il m'éclate autant qu'une partie de bataille corse ou de strip poker. 

- M'épanouir. Et c'est pas en calculant la probabilité du pourcentage du ratio au prorata de l'inflation que je pourrais me transformer en coquelicot sous le soleil. La pose de vernis fushia, la conception de thé, l'analyse comparée de Public et Closer, le grignotage de biscuits au sésame et l'intégrale de Buffy contre les Vampires semblent bien plus propices à mon développement personnel que des journées entières passées devant une machine à calculer pas du tout coopérative ou face à des clients qui n'ont pas oublié d'être des gros cons. 

- Apprendre. Il y a plein de choses que je sais pas. Et le travail semble un moyen pour combler mes lacunes. Notamment en macramé, en poterie, en broderie et en peinture sur porcelaine.

...




Il parait évident que j'ai raté ma vocation de richissime et oisive héritière... On est pas dans la merde... 
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lundi 7 mars 2011

c'est pas comme ça qu'elle t'a appris ta mère!

J'écris d'un autre monde.

D'une autre planète carrément.

Je suis loin. Très très loin.

Je suis chez mes parents.

Parfaitement. Chez mon papa et ma maman.

les Gulsh à la plage
Le pire, c'est que j'y suis presque de mon plein gré. Ça ne fait qu'une semaine que ma mère me harcèle de venir la voir. En général, je peux tenir jusqu'à un mois, voire plus. Mais bon, parfois, dans certains cas d’extrême urgence (il y a un mandat d’arrêt contre moi dans 58 pays, fallait bien que je me trouve une planque sure), tu te retrouve acculée, et te voilà sur le pas de la porte de la maison familiale, avec ta valise dans la main gauche et le chien qui bave sur ta main droite. 

Au début, c'est confortable. Ta maman te prépare que tes plats préférés, tellement elle est contente du retour de l'enfant prodigue à la maison. Bon, elle te prépare tes plats préférés mais à la sauce Dukan, parce que "tu sais bien que ta soeur et moi, on est au régime". C'est l'intention qui compte. Puis mon papa me sert un généreux verre de rosé pour fêter ça (il a cru que c'était de la citronnade ou quoi?). Tu es toute remplie de nostalgie: tu vas dans ta chambre pour y relire les lettres d'insulte écrites par les garçons que je convoitais à l'époque ou je n'étais qu'un grand point noir sur-infecté. Tu réessaie ton Jean Fétiche de quand tu étais en cinquième pour constater que tu as bien vieilli et que la silhouette de tes 10 ans, elle est loin derrière toi. Du coup t'es contente de manger Dukan comme ta mère et ta soeur. Tu farfouilles dans la salle de bains, et tu te dis que c'est le moment ou jamais de tester ce masque anti-rides et fermeté à la bave d'escargot qui trône dans le placard. Tu pourras même profiter d'un temps de pause foutrement long pour aller farfouiller dans la CDthèque de papa.

Puis tu commences à ressentir un certain malaise... Le premier arrivant quand à 18h32 on t'appelle pour que tu mettes le couvert. Et à 18h57 pour passer à table. Et que tu as le malheur de dire "déjà? mais j'ai pas faim moi encore!", et qu'on te rétorque "c'est pas un hôtel restaurant ici". Et que du coup tu te retrouve à devoir sucotter ta galette d'avoine en regardant Nagui à la télé. Le malaise s’amplifiera lors du 20h. De TF1 évidemment. Quand tu exprimeras ton opinion. Quand tu réaliseras que tu te berçais d'illusions quand tu pensais que tes parents glissaient le même genre de bulletin que toi dans les urnes au moment des élections alors qu'en fait ils ont pris un bord radicalement  et dangereusement différent. Et devant ta mâchoire qui se décroche, ils te rétorqueront que de toute façons, tu es devenue une bobo idéaliste qui se berce d'illusions pendant que eux au moins ils ont les mains dans le cambouis, et que c'est plus l'heure d'en discuter puisque le plus grand cabaret du monde commence sur la deux, et peu importe si tu voulais regarder Annie Hall en famille et en V.O en plus.

C'est donc dépitée que tu iras te coucher, à 22h, dans un pyjama snoopy archéologique, dans ton lit trop petit et entourée par les dizaines de cartons, vestiges de tes très nombreux déménagements. 

Et le lendemain matin, avant même qui tu aies pu décoller ton oeil gauche, ton père te diras "et tu n’oublieras pas de faire ton lit, hein" avant d'ordonner au chien (un labrador de 40kg) de venir te dire bonjour (ce qui en langage labrador veut dire sauter, aboyer, baver, lécher, mettre des poils et des mauvaises odeurs partout). Espérant avoir un peu de répit dans la cuisine, tu te sers un café, pendant que le chat de la famille (une vielle chose poilue, édentée et aux poils gras) te miaulera dessus comme pour te prévenir de l'imminence d'un raid aérien. De mauvais poil tu te dirigeras vers la salle de bains, pour essayer de te laver de ce réveil plus que difficile. Mais c'est sans compter sur ta mère qui t'attendra à la sortie de la salle de bains avec un grand sourire, une raclette et une bouteille de cillit bang "ici, on sèche la douche quand on a fini". Au moment de t'habiller, tu constateras que non seulement tes habits de la veille, tu ne sais par quel miracle, sont propres mais ils sont en plus repassés et sentent la lavande. Evidemment, une fois vêtue, ta mère ne tardera pas à te faire une remarque sur cette fâcheuse tendance que tu as à toujours vouloir ne pas faire comme les autres, alors que ta soeur, elle elle met des jeans le temps des cerises et sort avec un banquier (alors que toi, on a absolument aucune idée de ce qu'on va bien pouvoir faire de toi... tu finiras mal, très mal... genre intermittente du spectacle). 

Tu te réfugieras alors dans le bureau en fermant la porte, pour pouvoir zoner sur le net et écouter de la musique très très fort, jusqu'à ce que te ta maman arrive et ouvre ladite porte en disant qu'on est en famille ici, et qu'on les ferme pas les portes justement. Et quand tu lui rétorquera que tu écoutes la musique et que tu veux pas déranger, elle te répondra "t'as qu'à l'éteindre" avant de rajouter "de toute façons, il est déjà 11h35, il est largement l'heure de mettre le couvert". Ah ben oui, faut faire vite, Nagui passe sur France 2, et il est hors de question pour Papa d'en rater ne serais-ce qu'une miette.  

C'est à ce moment là, vers 12h15, en sortant de table que tu envisageras sérieusement de chercher le livret de famille pour voir si tu es bien inscrite dessus, et le cas échéant, de demander un test ADN ou encore demander à Michel Polnareff de t'adopter (ta soeur étant abonnée à Closer, tu sais qu'il est en cruel manque d'enfant, parce qu'il vient de vivre la plus cruelle des trahisons). Tu songe faire un pèlerinage à Lourdes pour demander à qui veut bien t’exhausser de ne jamais au grand jamais devenir comme ça. Tu envisages de changer de nom, d'entrer dans la légion. Ou peut être de te rendre aux terroristes qui sont à ta recherche depuis tant de temps...


La famille, c'est merveilleux....

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