mercredi 26 janvier 2011

A vot' bon coeur...

Almira va sauver l'Amérique. Ou un truc dans le genre. 


Quand on est au chômage, on a beaucoup de temps pour rêvasser.

Almira par exemple, rêve de gloire, d'esclaves nus qui la gavent de raisins en l'éventant avec des feuilles de bananier. Elle rêve de billets de 500 euros qui pleuvent d'un simple claquement de doigt. Elle rêve de hordes de fans déchaînés prêts à vendre certains de leurs organes vitaux pour un de ses postillons.

Almira est cependant lucide. Enfin... elle essaie. Elle sait que tout ça n'arrive pas comme ça, et qu'il faut un minimum de travail. Et bien qu'elle soit flemmarde à un point difficilement quantifiable, elle ne rechigne pas à l'idée de remuer un peu ses couches adipeuses, pour peu que le jeu en vaille la chandelle.

Et en l'occurrence, le jeu en vaut la chandelle.

Almira participe a un concours littéraire, avec à la clef une publication chez Flammarion. Quand elle a vu qu'il fallait être trash et mauvais genre pour gagner, elle a mis ses doigts dans son nez avant de les ressortir, parce qu'elle s'est aperçu qu'il est effectivement bien difficile te taper sur un clavier avec ses coudes. Et elle a finalement pondu un truc pas trop mauvais.

Mais là, maintenant, elle a besoin de vous.

Ouais. De vous, de vous, vous, vous et même vous là bas au fond de la salle. Pour voter. C'est gratuit, ça prend deux secondes, et même au pire, Almira ne vous demande même pas de lire. Juste tu cliques sur "voter".

Pour ce faire, tu va là:

http://www.welovewords.com/contests/soyez-mauvais-genre?order=created_at

Puis tu sors tes yeux et tu cherches Almira. Elle est pas bien loin. Et sa croûte s'appelle LA THEORIE DE L'ABSURDE. Et là tu cliques sur VOTER. Tu verras après ça, tu auras l'impression de chevaucher une licorne dans un champs de chamallows tellement tu ne seras que joie d'avoir accompli une telle bonne action.

Et si Almira gagne, elle paye l'apéro.
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mardi 25 janvier 2011

Lettre à Christophe

Cher Christophe Martichon,

On se connaît pas, mais il est probable que nous nous soyons croisés il y a quelques années à la Java ou au Channel's. Ouais, tu l'as compris, nous venons des mêmes vertes contrées, ou le vin et la picherie sont rois.

Contrairement à moi, qui suis actuellement au chômage et qui songe à vendre un rein pour pouvoir me payer un kilo de salsifis, tu as su tirer ton épingle du jeu. Et ce, comme me l'apprend Wikipédia, grâce à Steevie Wonder qui t'a donné le goût de l'harmonica. J'ai moi même essayé de jouer de l'harmonica, pensant que ça aller faire pleuvoir l'argent autour de moi, comme ça l'a fait pour toi. Malheureusement, la seule chose que je suis capable d'attirer, c'est la bande de matous en chaleur du quartier et une lettre d'insulte de mon voisin de droite. Bon, on ne peut pas gagner à tous les coups. A la place, moi je suis allée à l'école, tu m'étonnes qe je sois fauchée comme les blés.

J'apprends par la suite, toujours grâce à Wikipédia que tu as été révélé par Graines de Star. Comme Sandy Valentino tiens! Comment ça tu ne sais pas qui est Sandy Valentino? Tiens, rappelle toi:


Il est vrai que la sixième chaîne est un véritable viviers de jeunes talents. Rappelle toi Ophélie Winter, M Pokora ou Sherifa Luna. M6, c'est un peu le socle de l'exception culturelle française. Et ça ouvre des portes! Tu as tout de même fait la première partie de Jonhatan Cerrada, autre génie musical français, dont l'aura a irradié l'Europe entière, au point ou le jeune chanteur a même eu un petit rôle dans Un Dos Tres au côté de Monica Cruz qui est la soeur de Penelope Cruz qui a tourné avec Pedro Almodovar (c'est un réalisaeur, un mec qui fait des films, mais sans robots qui se transforment et sans aliens qui bavent) ou Woody Allen (un autre type qui fait des films, mais sans scènes de sexe dans des jacuzzis). Le succès ne pouvait que t'accueillir à bras ouverts. Ton destin semble tout tracé. Tu seras le Mickaël Jackson français, tout comme M Pokora a été fut un temps le Justin Timberlake bleu blanc rouge.

Tu as un véritable don. Tu manie les mots comme ma mamie manie les aiguilles à tricoter. Et dieu sait si les écharpes qu'elle m'a faites sont jolies, même si elles grattent. Vise plutôt: 

J'ai pas le style
Pourtant pas hostile
Mais c'est pas pour moi le costard uniforme
J'ai pas l'intégrale
Du gendre idéal
J'aurais toujours l'impression qu'on m'espionne
Pourtant pas contre l'amour
Je s'rais même plutôt pour


Quelle gouaille! Quel esprit! Et quel courage même! Dans un monde ou la dégaine fait l'homme, ou sans rolex tu n'es rien, ou la chemise Hugo Boss remplace l'intelligence, et ou Mickaël Vandetta gagne des émissions de téléréalité, tu oses le pire. Tu dis "j'ai pas le style". Comme il a du t'en coûter! Et tu ne te démontes pas! Tu en rajoutes même! "C'est pas pour moi le costard uniforme"! Des centaines de personnes dans le monde sont condamnées à mort pour bien moins que ça! Homosexualité, adultère ne serait-ce que soupçonné, résistance à un pouvoir totalitaire... Et pourtant, pourtant... tu n'es pas contre l'amour. Le monde a besoin d'artistes comme toi pour aller mieux. 

D'autant que tu déverses tes textes vindicatifs et revendicateurs sur le monde grâce à ta voix hors du commun, entre le caneton ivre mort et le corne de brume. 

Dingue, dingue, dingue, dingue
Ça me rend fou, dis-moi où je vais avec toi
Dingue, dingue, dingue
Car je suis raide dingue, dingue de toi
Dingue, dingue, dingue, dingue
Ça me rend fou d'avoir tout gâché avec toi
Dingue, dingue, dingue
Car je suis raide dingue de toi

Pardon de te citer comme ça, mais mes mots sont inutiles quand tu résumes avec autant de justesse et ta voix nasillarde l'essence même de la vie. 

Mais venons en au fait. Si je t'écris ce matin, alors que je pourrais tout à fait être en train de classer mes chaussures par hauteur de talon croissante, c'est que j'avais envie de te féliciter. J'en en effet appris que tu avais été nommé chevalier des arts et des lettres. Apprendre que tu avais été "distingué par ta création dans le domaine artistique ou littéraire ou par la contribution que tu as apportée au rayonnement des arts et des lettres en France et dans le monde" m'a fait avaler mon oreo cookie de travers. Tu aurais été promu par Frédo pour “ton authenticité, ta sincérité, ton énergie communicative et ta personnalité attachante”. Je me permets de l'appeler Frédo, parce qu'il y a peu, je l'ai rencontré, il était venu à Marseille alors que j'y étais aussi pour louer l'aura culturelle de la cité phocéenne, notamment grâce à Plus Belle La Vie. Bref. Le ministre de la culture a épinglé une vielle médaille un peu laide sur ton blazer GStar. Ta maman ne doit plus se sentir de fierté. Regarde comme tu es beau, bien que ton front luise un peu:


Vraiment, je te félicite, car il est vrai que sans toi, le visage de la France ne serait pas tout à fait la même. Nous sommes tout de même le pays des Lumières, de Serge Gainsbourg, de Soulages, des droits de l'homme, de Pierre Desproges, de Jacques Higelin, de Balzac, de Max Ophüls, de Michel Foucault... Merci d'en être le porte parole. 

Je te claquerai bien la bise pour la peine, mais l'oreo cookie qui s'est coincé dans ma gorge ne veut pas sortir, alors à la place, je vais aller vomir. 

Almira 

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lundi 24 janvier 2011

Entretien débauche


Être au chômage, c'est à peu près aussi palpitant que de vider des truites sans les mains dans l'obscurité.

Le chômeur s'emmerde sévère. Il se fait deux brushings par jour (les rebiquettes en dedans, les rebiquettes en dehors, sans rebiquettes, avec des bouclettes...), se fait des frenchs aux orteils, apprend le programme de NT1 par coeur, compte de combien de fils se compose la toile d'araignée qui pendouille lamentablement dans un coin de son plafond, observe in vivo et en temps réel la formation du capiton sur le haut du cuisseau à grand renfort de tartines de nutella (c'est pour la science), expérimente au bout de combien de jours sans aller sous la douche sa propre odeur devient insupportable (c'est aussi pour la science)(toi aussi tu notes que le chômeur se lave les cheveux mais pas le reste du corps?) , fait des sculptures en rognures d'ongles, essaie de retenir sa respiration le plus longtemps possible très régulièrement. Le chômeur ne chôme pas, contrairement à ce que son nom semble indiquer. Mais il éprouve parfois le besoin de se confronter au monde de la vraie vie du dehors, juste pour pouvoir constater qu'effectivement, on est bien mieux à la maison à mariner dans sa crasse en regardant les moutons de poussière se former.

C'est pourquoi le chômeur va des fois passer des entretiens d'embauche. C'est vrai qu'il passe tout de même pas mal de temps à pondre un CV léché et des lettres de motivation chiadées sur lesquels il a sué sang et eau. Bon en même temps, il a rien d'autre à foutre de ses journées, ça l'occupe. Faire des lettres, faire des CV, les envoyer, recevoir des réponses négatives. Mais parfois le chômeur est tout de même convoqué à un entretien. Evidemment, il n'a absolument aucunement l'intention d'être recruté, la procrastination étant devenu comme une seconde nature. Mais bon, il y va quand même, parce que c'est exotique.

en plus d'être une pro du brushing, et d'avoir un goût sûr en matière de gobelets, je sais très bien me servir du téléphone filaire


Donc le chômeur va se prendre une bonne douche et pousse même le vice jusqu'à se faire un petit gommage corporel à la noix du Brésil (bon, ça va hein, tout le monde a compris que le chômeur était une chômeuse, fais pas cette tête de mérou hémiplégique). Il se fait aussi un masque capillaire au karité. Bref il se rend propre et doux.

Ensuite, il met ses plus beaux atours d'executive woman, un soupçon de blush, une lichette de mascara, un nuage de sent-bon, une touche de gloss, et il se dit qu'une telle dégaine mérite un CDI d'emblée. Et une voiture de fonction. Et 12 semaines de congés par an. Et un salaire indécent avec au moins quatre zéros avant la virgule.

Puis, le chômeur se ressaisit, s'emmitoufle jusqu'au sommet du crâne à grand renfort d'écharpe kilométrique, de gants en polaire, de manteau en laine, de bonnet à pompon, avant de sortir de chez lui et de se rendre compte qu'en vrai dehors, non seulement il fait 18, mais qu'en plus il est parti avec dix minutes de retard.

C'est ainsi emballé dans sa combinaison de sudation que le chômeur court à son rendez-vous. Et qu'il arrivera certes à l'heure mais avec les rebiquettes en vrac, le mascara dégoulinant, le gloss baveux, des auréoles fumantes sous les bras et la respiration haletante du cheval de trait pendant l'effort. A ce moment là, lucide, le chômeur tire un trait sur l'indécence de son salaire et sur sa 206 commerciale.

L'entretien commence par une poignée de main avec le recruteur. Elle est invariablement ferme et tonique alors que celle du chômeur est systématiquement molle et moite (rapport qu'il vient de se taper un sprint sur des talons de 12 et qu'il à cru que son coeur allait y passer).

Ensuite le recruteur lui présente le poste: "la photocopieuse est là, on vous aménagera un petit bureau dans le placard à balais qui est ici, tiens la machine à café, je prend le mien court et sans sucre"

Puis le recruteur présente ses conditions: il cherche quelqu'un de sur-qualifié pour effectuer des tâches subalternes payées une misère. Par contre ne rêvez pas, jamais vous aurez un CDI. Vous acceptez de travailler pour moins que le smic? Parce que nous ça nous arrangerait. Et si vous envisagez de procréer pendant que vous travaillez pour nous, on ira brûler la maison de vos parents. Ah et il faudrait que vous soyez graphiste, comptable, chef de projet, chargé de communication, que vous parliez le mandarin, que vous soyez secrétaire, chef pâtissier, titulaire du permis poids lourd, et si vous avez déjà élagué un platane, vraiment c'est mieux.

S'en suivent les questions. Connes pour la plupart.

Le recruteur: Etes vous quelqu'un d'organisé?
Le chômeur: Non, pas du tout. Je suis un adepte du bordel. Mes fiches de paie sont dans mon frigo, je range mes escalopes de dinde avec mes chaussures, pour écrire un SMS il faut que je cherche le numéro de mon correspondant dans le bottin, ah ben non chuis bête c'est pas possible dans le bottin ya pas les numéros de portable, c'est trop con, les numéros de portable, je les écris toujours sur des tickets de caisse que j'essaime aux quatre vents, bon ben c'est pas grave je vais faire un fax, ah purée mais c'est bien sur je n'ai pas de fax et là je cède à la panique, je me roule en boule sous la table et je compte à rebours à partir de 1000 en allemand.

Le recruteur: Quelles sont vos principales qualités?
Le chômeur: Mes seins tiennent tous seuls, je fais de très bons cookies, et je suis très organisée (cf. réponse précédente). Et je suis modeste aussi.

Le recruteur: Quels sont vos principaux défauts?
Le chômeur: Je n'en ai aucun. Je suis la perfection incarnée.
Le recruteur: Que pensez vous pouvoir apporter à notre entreprise?
Le chômeur: Oh, ben dans un premier temps, ma bento-box avec de la salade de tomates dedans. A moins que vous me donniez des tickets restau. Et sinon, c'est tout... je vais pas faire à bouffer pour toute l'équipe non plus.

A ce moment là de l'entretien, le chômeur sait que c'est dans la poche. D'autant que le recruteur lui précise que 23654 personnes ont répondu à leur attrayante annonce, et que suite à une sélection drastique, ça se joue entre le chômeur et le fils du patron. A moins que le recruteur dise au chômeur qu'il aurait pas pu rêver d'un meilleur candidat, que le job est fait pour lui... enfin moyennant qu'il soit éligible à un contrat réservé à des repris de justice de 14ans ne sachant même pas écrire leur nom et vivant dans une barre d'immeuble qui fait tellement flipper que même les dealers n'osent pas s'y aventurer. Tout à fait le cas du chômeur qui respecte scrupuleusement la loi, a un bac +5, et qui vit dans une maison de poupée cosy et rose, qui sent le papier d'Arménie et le thé vert japonais. 

C'est pour ça que le lorsque le chômeur reçoit un mail  laconique qui dit:

Bonjour Mademoiselle, 


Nous vous remercions de votre intérêt pour notre entreprise et d'être venue nous rencontrer aussi vite, toutefois nous sommes au regret de vous informer que votre candidature n'a pas été retenue pour ce poste. 

Cela ne remet pas en cause ni sa qualité ni son intérêt, mais s'explique par sa mise en concurrence avec d'autres profils présentant des compétences et un parcours professionnel plus en adéquation avec les exigences du poste que nous avons à pourvoir. 


Nous espérons que vos démarches aboutiront rapidement et vous prions de recevoir nos sincères salutations. 



le chômeur tombe un peu de haut avant de se remettre consciencieusement à la confection d'empanadillas, au tressage de scoubidous et à l'observation consciencieuse de la vie de l'araignée domestique dans son habitat naturel.  


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lundi 10 janvier 2011

soldes: j-2

Mercredi, c'est les soldes.

tant qu'il n'y a pas de - 70%, nous on continue de brouter

J'adore ça moi les soldes. Et comme tout événement d'envergure internationale, ça demande une préparation millimétrée. Vise un peu: 

Voici que depuis que l'année a commencé, je fais de savants calculs à base d'hypothétiques gains au tac-o-tac, d'erreur du pôle emploi, de la caf ou de la banque en ma faveur, et de découverts autorisés. Evidemment, chaque fois que je vois une publicité sofinco, cegetel ou médiatis, je contracte un prêt spécial soldes. Je commence à avoir un joli pactole sous le coude, de quoi consommer jusqu'à plus soif et ainsi relancer l'économie, faire sortir la France de la crise, et sauver le monde. 

Prévoyante, j'ai élaboré une liste longue comme le bras de choses dont j'ai une absolue nécessité, comme par exemple une théière en forme de chat, une paire de cuissardes, une jupe qui tourne, un très gros sac à main en cuir, un plus petit sac à main en peau, une culotte à volants, un pull en jacquard, une housse de couette, un abat-jour, un porte manteau, des bottines en léopard, une salopette, des lunettes de Jackie Kennedy, une culotte à frou-frou, un plasma, un lave vaisselle, un meuble à chaussures, un moule à manqué, des bas en laine, une capeline, un bandeau en dentelle ancienne, un duffle coat bleu, une congélateur, une cuisinière, un GPS, des ugg, deux ou trois paires de boucles d'oreilles, une nouvelle chaîne hifi, un sarouel, une paire de derbys, un fixie, un soutien-gorge push up, un body, une paire de baskets rouges, une robe en soie, des collants à fleur, un sweat à capuche... et plus si affinités. 

D'après mes calculs, je devrais pouvoir m'en sortir avec un découvert à peut près aussi profond que l'inculture d'un Michael Vandetta, un interdit bancaire d'une dizaine d'année, de nombreuses visites d'huissiers et une négligeable peine de prison. 

Dans mon sac, j'ai d'ores et déjà glissé un planning très précis des enseignes à visiter dès mercredi 8 heures, avec un plan de chacune des boutiques, avec des petites croix pour tous les articles que je compte bien emporter avec moi. J'ai évidemment mis en place une opération de repérage hyper précise puisque je passe chez Zara environ toutes les deux heures. J'ai refait un stock de bombe de poivre, j'ai révisé mes clefs de bras et toutes mes prises d'auto-défense. J'ai vidé mon placard, mis en carton toutes les fringues qui avaient soit plus de six moi, soit qui ont été portées plus de deux fois. J'ai pris mes mesures au millimètre et au gramme près pour ne pas avoir à perdre un temps précieux en essayage. Je surfe environ 7 heures par jour sur tout ce que l'internet compte en blog mode pour rendre ma wish list la plus pointue et la plus stratégique possible. J'ai engagé tout un staff de shoppeuses-complices que j'ai pris soin de former intensivement au combat au corps à corps. J'ai également mis en place un système de veille sur tout les sites de vente en ligne. J'ai appris les codes de ma carte bleue et de toutes celles qui ont pu croiser mon regard par coeur. J'ai troqué ma boite aux lettres contre un container de 70m3. 

Dire que je suis préparée n'est qu'un doux euphémisme. 

Oui, cette année, j'ai bien tout prévu. Parce que chaque fois, je suis tellement bien organisée, que je ne me réveille que l'avant veille de la fin des soldes, à l'heure ou il ne reste plus que des chiffons de la saison automne / hiver 1996 en 44 ou en 32, certes à -98% , mais totalement importable, hormis pour une soirée déguisée. Ce qui explique donc que je sois en permanence attifée comme un épouvantail souffrant de daltonisme avancée. 




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mercredi 5 janvier 2011

Ôde au Pôle #2

Être au chômage, c'est une joie de tous les instants. 

100% des gagnants ont tenté leur chance


Déjà, le pôle-emploi t'envoie des petits mots. Il pense à toi. Il t'envoie des petites annonces. Certes, toujours pour des CDD de trois semaines, sous payés, à 1 heure de route de chez toi et pour lesquels tu n'as pas la moitié des compétences requises (ou tu as vu que j'avais une utilisation experte de excel toi?), mais quand même, ça me fait presque plus plaisir que de recevoir une carte de bonne  année ornée de petits chats pailletés de tata Monique. C'est touchant de voir comment le pôle-emploi t'a cerné. Un peu comme si ta moitié avec qui tu vis depuis 6ans, croyant te faire plaisir, t'offrait un bouquet de roses alors que, c'est balot, mais tu es mortellement allergique au pollen. Notons tout de même que tata Monique, si je lui répond pas, elle me menace pas de me radier de sa liste de membres de sa famille, à moins que je lui fournisse une liste de justificatifs longue comme le bras. 

Ensuite, non content de t'envoyer des missives enflammées et écrites en lettres capitales, le pôle emploi te convoque a un tête à tête amoureux. De préférence le lendemain de Noël. Et à 9h du matin. Tu ne te sens plus de joie. Toi, le conseiller. Le conseiller, toi. Les yeux dans les yeux. Il te demandera ou tu en es de ton parcours, tu lui diras que c'est la super merdasse, vous rirez. Complicité, humour... tu assisteras ému au début d'une belle histoire, basée sur la confiance, le dialogue et l'écoute. T'as hâte. Tu mets même du déodorant pour l'occasion. Mais quand tu arrives frais et pimpant au lieu de rendez vous (à une heure de bus de chez toi), tu constate qu'un lieux et place d'un tendre duo, tu as mis les pieds au sein d'une super partouze. T'as pas intérêt à être jaloux vu que tu partages ton conseiller avec une vingtaine d'autres personnes. Pour l'accompagnement personnalisé, tu repasseras. D'autant que le rendez-vous individuelmaisenfaitnon porte sur "comment utiliser le site du pole emploi". C'est vrai qu'on est pas au courant.  

Enfin, le pôle-emploi a beaucoup d'humour. Mais alors VRAIMENT beaucoup. Aujourd'hui, par exemple, il m'a appris que je n'aurais droit à aucune indemnisation étant donné que je n'ai pas travaillé depuis septembre 2008. XDROFL. Selon le pôle-emploi, cela fait donc quasiment deux ans et demi que je gagne ma vie en tapinant, en dealant, et en faisant les pare-brise au croisement devant Leclerc (très bon spot) et le tout, au black. Les attestations d'employeur, les contrats de travail, les fiches de paie que je m'évertue à leur envoyer depuis quelques mois, ils doivent s'en servir pour s'essuyer les fesses, faire des confettis, alimenter des feux de cheminée, caler des bureaux branlants, ou que sais-je encore.

J'attends avec impatience la prochaine étape de cette aventure passionnelle, qui aura probablement lieu demain matin, quand je me rendrais dans leurs locaux avec une caisse de papelards allant du certificat de décès de mon poisson rouge à l'attestation de travail de l'oréal pour qui j'avais distribué des échantillons de gel pour les cheveux à la sortie de la fac pendant 3 heures en 2004. 

... To be continued donc... 
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lundi 3 janvier 2011

Résolutions

Ce qu'il y a de bien avec le nouvel an, c'est que ça signifie qu'à un moment donné, on change d'année.

Et quitter cette chienne de 2010 m'a fait un bien fou. A minuit deux, je lui ai même gueulé "et qu'on te revoie plus, vielle peau!" en lui brandissant mon poing et mon majeur fièrement dressé. Salope.

Je suis parfaitement au courant que lever son majeur comme ça est totalement indigne d'une jeune fille bien élevée, ce que je suis censée être, mais en même temps, elle l'a bien mérité, cette chienne.

Entre la crise, les tremblements de terre et la mort de Claude Chabrol, personne n'a été épargné. 2010, c'est l'année ou prise d'une inspiration divine j'ai envoyé bouler mon premier CDI (certes précaire et avilissant) pour un CDD (lui aussi précaire et avilissant) (j'ai de la suite dans les idées). Evidemment, j'ai terminé l'année en adhérant au club très fermé des demandeurs d'emploi. En entrant dans le club, j'ai pris soin de cocher les cases "enchaîner les entretiens sans suite" et "ne pas coucher avec les bonnes personnes", histoire de rester le plus longtemps possible dans cette situation hyper confort. En 2010, je ne me suis pas remise au sport, je n'ai pas appris l'espagnol, je n'ai pas cessé de picoler, je n'ai pas arrêté de sortir des blagues foireuses et de montrer ma culotte. 2010 a été l'année de l'enrichissement professionnel et de l'estime de soi. Ce sera dur de faire mieux en 2011. Pourtant, je vais m'y atteler:

(ou pas)



  • En 2011, je vais passer mon permis.
C'est décidé. Je me vois déjà, sagement assise, la télécommande sur les genoux, avec à ma droite une minette de 16 ans qui fait claquer son chewing-gum en envoyant des sms à Kev de la 1ère7 (put1 le code sais tro relou c pir kun cour de franC je prefaireré ke tu foure ta lang antre mé amidal) et à ma gauche, une ménagère fraîchement divorcée et totalement paniquée, maintenant que Jean-Roger n'est plus là, c'est à elle d'aller chez Leclerc, heureusement qu'elle a réussi à récupérer le Rav4. Je me visualise très bien prendre un air très très concentré avant de décider que si la réponse "e) je traite le connard l'enfoiré de fils de sa mère la pute à routiers qui veut pas me laisser passer, rien à branler que je n'ai pas la priorité, tu sais pas à qui tu parles?" c'est parce qu'il y a une bonne raison.
Je m'imagine très bien assise coté conducteur pour la première fois, demander au moniteur déconfit le plus naturellement du monde: "et le truc un peu phallique là, concrètement, à part sex-toy d'urgence, ça sert à quoi?"
Je vois très bien la scène, pendant l'examen, ou je demanderai à l'examinateur s'il n'y a pas moyen que je m'arrête là pour faire pipi entre deux voitures, parce que sérieux, ça devient grave urgent, je risque de tremper les fauteuils de la C3.
Je n'ai aucun mal à imaginer, une fois titulaire du fameux sésame et propriétaire d'une 4l que j'aurais repeint en bleu à pois rouges, lors de mon premier contrôle de routine par un agent des forces de l'ordre (j'aurais pris l'autoroute à contre-sens), la gueule du sus-nommé agent à la vue de ma photo de permis où je suis à mi chemin entre la grenouille ébahie et le caméléon sceptique, hésitant à faire un test ADN, juste pour être certain qu'il a bien à faire à un être humain et non pas à un reptilien genre V.


  • En 2011, je vais trouver du travail.
J'y crois à mort, je suis hyper confiante. J'ai tiré les leçons de mes (trop) nombreux entretiens infructueux. Je suis trop qualifiée: qu'à cela ne tienne, j'ai investi dans le tube de tip-ex et j'ai allègrement tartiné la partie formation de mon CV.
Je ne connais pas les bonnes personnes: j'ai investi dans le wonderbra, des genouillères et un pshit au menthol et je suis prête à me mettre à quatre pattes, à passer sous n'importe quel bureau et à donner de ma personne. Faut dire que je suis désespérée, et que je suis prête à tout, étant donné que le pôle emploi m'a offert généreusement lors de mon inscription une réduction de pas moins de 20% d'estime de moi-même (c'était une affaire en or, j'ai pas eu le coeur à refuser). Et si même ça, ça ne fonctionne pas, j'envisage de monter ma propre entreprise. J'hésite entre devenir baby-sitter pour gallinacés ou ouvrir un bar à chats. Sinon je suis ouverte à toutes sortes de propositions, du moment qu'à la fin, je suis blindée de thunes.

  • En 2011, je me remets au sport
Mon cul est devenu tellement flasque, que quand je marche, je donne des coups de mollets dedans. J'exagère à peine. Il est temps que je me remette un peu à m'agiter, sinon, je vais me mettre à ressembler à un agglomérat de flambys ayant dépassé leur date limite de consommation. D'autant plus que l'excuse du "j'ai trop de travail j'ai pas le temps" ne tient pas. C'est donc décidé, pour cette nouvelle année, je me remets au sport. Je me serais bien mise au lancer de marteau ou à l'ultimate fighting, mais quelque chose me dit que je ne vais pas y trouver mon compte, culturellement et humainement parlant. J'ai pensé au yoga ou au pilates, mais un sport ou d'autres êtres vivants risquent de sentir l'odeur de mes chaussettes, c'est juste pas possible (si j'étais un super héros, mon super pouvoir serait de décimer les super-méchants avec l'odeur de mes chaussettes). Alors à la place, je vais me mettre à l'aviron. Souquer en cadence en regardant les canards et en me sculptant un corps de divinité grecque, pendant qu'un type me hurle dessus avec un mégaphone, ça me branche plus. Reste à parier sur le temps que je tiendrais cette résolution. Je table sur le cours d'essai, ou je tomberai probablement dans la vase, puis franchement à l'eau, avant de me prendre un coup de rame au coin de la gueule. Enfin, nous verrons bien.

  • En 2011, je fais en sorte qu'il se passe suffisamment de choses dans la vie d'Almira pour avoir envie de les raconter ici.
Et c'est probablement la résolution la plus importante.


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Ce qu'il y a de bien avec le nouvel an, c'est que ça signifie qu'à un moment donné, on change d'année.

Et quitter cette chienne de 2010 m'a fait un bien fou. A minuit deux, je lui ai même gueulé "et qu'on te revoie plus, vielle peau!" en lui brandissant mon poing et mon majeur fièrement dressé. Salope.

Je suis parfaitement au courant que lever son majeur comme ça est totalement indigne d'une jeune fille bien élevée, ce que je suis censée être, mais en même temps, elle l'a bien mérité, cette chienne.

Entre la crise, les tremblements de terre et la mort de Claude Chabrol, personne n'a été épargné. A part ce qui ne le méritent pas (Marine, si tu passes par la, coucou!). 2010, c'est l'année ou prise d'une inspiration divine j'ai envoyé bouler mon premier CDI (certes précaire et avilissant) pour un CDD (lui aussi précaire et avilissant) (j'ai de la suite dans les idées). Evidemment, j'ai terminé l'année en adhérant au club très fermé des demandeurs d'emploi. En entrant dans le club, j'ai pris soin de cocher les cases "enchaîner les entretiens sans suite" et "ne pas coucher avec les bonnes personnes", histoire de rester le plus longtemps possible dans cette situation hyper confort. En 2010, je ne me suis pas remise au sport, je n'ai pas appris l'espagnol, je n'ai pas arrêté de picoler, je n'ai pas arrêté de sortir des blagues foireuses et de montrer ma culotte. 2010 a été l'année de l'enrichissement professionnel et de l'estime de soi. Ce sera dur de faire mieux en 2011. Pourtant, je vais m'y atteler:


  • En 2011, je vais passer mon permis. 
C'est décidé. Je me vois déjà, sagement assise, la télécommande sur les genoux, avec à ma droite une minette de 16 ans qui fait claquer son chewing-gum en envoyant des sms à Kev de la 1ère7 (put1 le code sais tro relou c pir kun cour de franC je prefaireré ke tu foure ta lang antre mé amidal) et à ma gauche, une ménagère fraîchement divorcée et totalement paniquée, maintenant que Jean-Roger n'est plus là, c'est à elle d'aller chez Leclerc, heureusement qu'elle a réussi à récupérer le Rav4. Je me visualise très bien prendre un air très très concentré avant de décider que si la réponse "e) je traite le connard l'enfoiré de fils de sa mère la pute à routiers qui veut pas me laisser rien à branler que je n'ai pas la priorité, tu sais pas à qui tu parles?" c'est parce qu'il y a une bonne raison.
Je m'imagine très bien assise coté conducteur pour la première fois, demander au moniteur déconfit le plus naturellement du monde: "et le truc un peu phallique là, concrètement, à part sex-toy d'urgence, ça sert à quoi?"
Je vois très bien la scène, pendant l'examen, ou je demanderai à l'examinateur s'il n'y a pas moyen que je m'arrête là pour faire pipi entre deux voitures, parce que là, sérieux, ça devient grave urgent, je risque de lui tremper les fauteuils de la C3.
Je n'ai aucun mal à imaginer, une fois titulaire du fameux sésame et propriétaire d'une 4l que j'aurais repeinte en bleu à pois rouge, lors de mon premier contrôle de routine par un agent des forces de l'ordre (j'aurais pris l'autoroute à contre-sens), la gueule du sus-nommé agent à la vue de ma photo de permis ou je suis à mi chemin entre la grenouille ébahie et le caméléon sceptique, qui hésite à faire un test ADN, juste pour être certain qu'il a affaire à un être humain et non pas à un reptilien genre V.


  • En 2011, je vais trouver du travail
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