vendredi 13 juillet 2012

au poil.

L'été.
J'aime l'été.
Les pulls remisés au placard. Les jupes qui se raccourcissement. Les orteils qui se montrent. Les lunettes de soleil qui se la pètent. La peau qu'on aime voir dorer (alors qu'en vrai, ne soyons pas dupes, elle rougit). Les cigales qui chantent à m'en faire péter les tympans. Les Mister Freeze. Les maillots de bain. L'air moite. La sensation que la chaleur a tellement dilaté mes poumons qu'ils vont exploser dans ma poitrine. La sueur qui s'obstine à perler au dessus de ma lèvre supérieure. Mes pieds qui gonflent et mes jambes lourdes.

C'est fou ce que j'aime l'été. C'est ma saison préférée...

...jusqu'à ce que je décide de passer avec sensualité ma main sur mon mollet pour appuyer mon propos. Et que je me retrouve avec la paume de la main à vif, comme si je l'avais frénétiquement frottée sur de la paille de fer.

Ah ouais, c'est vrai. J'ai des poils.

à cause de toi, je n'irai jamais en Australie.

Quand je regarde mes poils, je pense à Darwin et aux théories de l'évolution. Je ne suis pas très au fait des choses de science, mais si j'ai bien compris, selon Darwin, les espèces ont évolué pour s'adapter à leur environnement.

En un sens, c'est pas faux. Mon cul est parfaitement adapté à environnement des jeans Zara. Mon estomac est lui aussi parfaitement adapté à l'environnement de ma cuisine ou règnent en maitre la pancetta, les cornichons, le fromage de chèvre qui pique les yeux et le pain frais. Mon foie quant à lui, est parfaitement adapté à l’environnement des côtes du Rhône. Et en ce qui concerne ma biglerie, elle est parfaitement adaptée à cette manie qu'ont les gens de ne pas être francs du collier et à toujours te regarder en coin.

Je suis globalement une fille bien adaptée. Sauf que j'ai des poils. On m'a dit que c'était pas pareil. Que ça venait de mon patrimoine génétique. Et que je devrais être fière de mes origines méditerranéennes. Mon cul ouais. Avec mes dessous de bras, on pourrait poncer un panneau en chêne massif. Or il serait bien que mon patrimoine génétique comprenne que je n'ai pas l'intention d'évoluer vers la menuiserie.

L'hiver, mes poils, je les ignore superbement. C'est à peine si je leur accorde un regard dédaigneux quand mon mec, s'étant approché trop près de mon tibia, relève soudainement la tête en pleurant parce que l'un de mes poils lui a crevé un œil. J'ai même deux tiroirs à culottes. Sur celui celui d'hiver, j'ai collé une représentation de l'Origine du monde de Courbet. Sur celui d'été, une photo de Kojak. Pourquoi deux tiroirs? Parce que mes culottes d'hiver ont en moyenne une taille de plus que mes culottes d'été. Une sombre histoire de volume pileux.
Pour être tout à fait honnête, mes poils hivernaux, je m'en accommode carrément bien. Pas besoin de collants pour avoir le cuisseau bien au chaud. Mais l'hiver ne dure malheureusement qu'un temps, et bientôt arrivent les beaux jours ainsi que mon irrépressible envie de montrer mes guiboles et mes dessous de bras.

Je devrais me foutre de tout ça. Après tout, les poils, c'est la nature. Tout le monde en a. Certains plus que d'autres, certes, mais il n'y a que très peu d'épargnés. Puis l'épilation, ce n'est qu'une mode. Un diktat imposé par je ne sais quel lobby comercialo-cosmético-pornographique. C'est devenu une norme sociale, une marque d'hygiène (alors que je vous le dis tout net: personne n'a jamais dit à Demis Roussos qu'il était un gros crado, tandis que quand des touffes de poils dépassent joyeusement de mon bikini, on me traite de petite négligée dégoutante).  En plus tout ça est ruinant. Vous avez pas idée du budget cire - rasoirs - esthéticienne - pince à épiler que je passe dans l'année. De quoi me payer plusieurs allers retours à Sydney. Je devrais être au dessus de ça. J'irai même plus loin. Je devrais garder ma toison, et militer pour le retour de la foufoune brute de poils. Les femmes n'ont pas à être des poupées lisses et glabres, à la peau de plastique et aux sourcils symétriques. Les femmes n'ont pas à être ses être dépourvus de moustache. On est pas des poupées mannequin sur lesquelles on pose des fringues, et à qui on fait pouet pouet camion. On a un cerveau. On est libres putain. LIBRES. VIVE LES POILS.LES POILS C'EST LA LIBERTÉ. LA RÉVOLUTION PASSERA PAR LES POILS. LONGUE VIE AUX POILS.

C'est vrai, je devrais. Mais je devrais aussi prendre rendez vous chez l'esthéticienne, parce qu'à force de se frotter contre mon mollet droit, mon mollet gauche est tout griffé.

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2 commentaires:

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